Il y a une phrase que l’on n’ose jamais dire tout haut dans un comité de direction : la plupart des logiciels qui pilotent la vie professionnelle de millions de salariés n’ont pas été conçus par des gens qui connaissent le travail. Ils ont été conçus par des éditeurs qui vendent des « modules » et des « licences ». Pendant ce temps, les DRH, eux, parlent de personnes, de parcours, de carrières. Ce malentendu dure depuis trente ans. Le logiciel RH open source pourrait bien y mettre fin. Et il est peut-être en train de se terminer, pour une raison que personne n’avait anticipée : l’arrivée du logiciel RH open source construit par les RH eux-mêmes.
Cette histoire porte un prénom : Jenna. Et derrière ce prénom, il n’y a ni fonds d’investissement, ni startup tech partie à la conquête d’un « marché RH » qu’elle découvrait à peine. Il y a un DRH de terrain, plus de vingt ans de métier, qui a fini par se poser la question interdite : et si on le construisait nous-mêmes ? Ce qui suit n’est pas une critique de plus des SIRH. C’est le récit d’un renversement de pouvoir — et la démonstration que l’intelligence artificielle, contrairement au récit dominant, n’affaiblit pas la fonction RH : elle lui rend un pouvoir qu’elle avait perdu.
Ce que vous allez découvrir dans cet article
Sommaire
Le vrai malentendu entre les RH et leurs outils
Demandez à n’importe quel professionnel RH ce qu’il pense de son SIRH. Vous obtiendrez rarement de l’enthousiasme, souvent de la résignation. Des interfaces héritées d’une autre époque, des contrats verrouillés, des évolutions facturées au compte-gouttes, et cette sensation tenace d’utiliser un outil pensé loin du terrain. Le problème n’est pas technique. Il est philosophique : ces logiciels ont été conçus pour administrer des données, pas pour accompagner des personnes.
Depuis deux ans, le spectacle est partout le même. Les grands acteurs du marché greffent des chatbots sur des logiciels architecturés il y a vingt ans, et appellent cela de l’innovation. C’est un vernis. Un vrai logiciel RH open source ne se contente pas d’ajouter de l’IA : il repense la logique de fond. On ajoute de l’IA par-dessus une logique ancienne, au lieu de repenser la logique elle-même. Résultat : les RH gagnent quelques secondes sur un formulaire, mais rien ne change à la manière dont l’outil comprend — ou ne comprend pas — la réalité humaine du travail.
Pourquoi 2024-2026 change tout : l’IA comme égaliseur
« Les DRH ne savent pas coder. » C’est vrai. Et c’est précisément ce qui rend cette histoire possible aujourd’hui. L’IA générative a fait basculer une frontière que l’on croyait infranchissable : la capacité de fabriquer du logiciel n’est plus réservée aux ingénieurs. Elle passe désormais entre les mains de ceux qui connaissent réellement le métier. Le fondateur de ce logiciel RH open source n’a pas ouvert d’incubateur ni levé de fonds. Il a commencé le soir, chez lui, après le travail, avec l’IA comme binôme de développement.
Puis un phénomène inattendu s’est produit. Il en a parlé, et au lieu du scepticisme, il a trouvé des pairs : des RH convaincus qu’on pouvait faire autrement, des développeurs séduits par le projet, des consultants qui voyaient chaque jour les limites des outils existants chez leurs clients, des juristes et des avocats en droit social venus sécuriser ce que le logiciel touche de plus sensible — la donnée humaine, la conformité, le droit du travail. Jenna a cessé d’être un projet solitaire pour devenir une aventure collective, à la manière du logiciel libre qui a déjà repris la main dans tant d’autres domaines.
Jenna, le logiciel RH open source qui refuse l’étiquette de SIRH
En tant que logiciel RH open source, Jenna revendique une différence de nature, pas de degré. Ce n’est pas un SIRH de plus. C’est une plateforme de gestion RH AI-native : l’intelligence artificielle n’y est pas un module ajouté après coup, elle est le point de départ de ce logiciel RH open source, présente dès la première ligne de code. La question n’était pas « comment remplir les formulaires plus vite ? », mais « à quoi devrait ressembler la gestion des ressources humaines si l’IA faisait partie de l’équation dès l’origine ? ».
Tout le spectre RH, sauf la paie
Jenna couvre l’ensemble des processus RH — recrutement, intégration, entretiens, gestion des talents, formation, suivi des équipes — à la seule exception de la paie. Et elle le fait selon deux logiques au choix : une navigation classique pour ceux qui préfèrent les repères habituels, et un mode conversationnel piloté par l’IA pour ceux qui veulent aller plus vite, avec quelques bonnes surprises en chemin.
Un coaching vocal individualisé pour le manager et le salarié
C’est peut-être la fonctionnalité la plus révélatrice de sa philosophie. Jenna intègre un mode de suivi de coaching vocal individualisé, pensé aussi bien pour le manager que pour le salarié. Là où les outils classiques transforment l’entretien annuel en corvée administrative, Jenna en fait un accompagnement continu et incarné, où la voix — plus naturelle, plus humaine que le formulaire — devient le canal du développement professionnel.
Un service de conciergerie RH
Jenna propose également un service de conciergerie : une manière de décharger les équipes RH et les collaborateurs des micro-tâches et des demandes du quotidien, pour leur rendre ce qui a toujours manqué le plus — du temps pour l’humain. L’outil ne se contente pas de gérer des données, il rend des services.
Open source : un choix de conviction autant que de stratégie
Face à un marché verrouillé par des licences coûteuses et des contrats opaques, Jenna, logiciel RH open source, appartient à sa communauté. Le code est ouvert, les évolutions se décident avec ceux qui utilisent réellement l’outil, et personne ne pourra jamais le confisquer. C’est la différence fondamentale entre louer un outil que l’on subit et posséder collectivement un outil que l’on façonne.
« Par un RH. Pour des RH. »
Cette signature n’est pas un slogan marketing, c’est une ligne de démarcation. D’un côté, des startups tech qui découvrent les ressources humaines en cherchant un marché à conquérir. De l’autre, des gens du métier qui construisent pour leur métier, avec la connaissance fine des situations réelles, des angles morts du droit social et des attentes concrètes des équipes. La légitimité ne se décrète pas : elle se prouve par l’usage.
« HumIAn Centric » : l’IA au cœur, l’humain au centre
La philosophie du projet tient dans un mot inventé pour l’occasion : « HumIAn Centric ». L’intelligence artificielle est au cœur de la mécanique, mais toujours au service de l’humain, jamais l’inverse. C’est une nuance décisive. Trop d’outils dits « augmentés » finissent par transformer le salarié en variable d’ajustement d’un algorithme. Jenna prend le pari inverse : l’IA fait le travail ingrat pour que les RH et les managers se concentrent sur ce qu’aucune machine ne fera jamais à leur place — écouter, arbitrer, faire grandir.
Ce positionnement rejoint une conviction que nous défendons de longue date sur DRH Digital, notamment dans notre analyse des cinq vérités essentielles sur l’IA et les ressources humaines : la valeur ne se déplace pas de l’humain vers la machine, elle se déplace des tâches vers le jugement.
Ce que disent les chiffres : un marché immense, un terrain encore mal équipé
On pourrait croire qu’un tel projet arrive trop tard, sur un marché saturé. Les chiffres racontent l’inverse. En France, le marché des SIRH pesait environ 4,5 milliards d’euros en 2024 et progresse d’environ 8 % par an depuis 2021, selon le cabinet Markess by Exægis. À l’échelle mondiale, le marché des logiciels de ressources humaines est estimé à plus de 34 milliards de dollars en 2026, avec une croissance annuelle proche de 11 %, d’après Business Research Insights. Autrement dit, la demande explose.
Mais le plus révélateur est ailleurs. L’équipement réel reste très en retard sur le potentiel. Selon Le Lab Bpifrance, 31 % des TPE et PME françaises utilisaient l’IA générative début 2025, dont seulement 8 % de façon régulière. Et d’après l’INSEE, à peine 10 % des entreprises françaises de dix salariés ou plus déclaraient utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle en 2024 — contre 6 % un an plus tôt. La progression est spectaculaire en pourcentage, mais le socle reste faible : l’immense majorité des organisations pilotent encore leurs ressources humaines sans véritable outil intelligent.
C’est précisément là que se loge l’opportunité. Le débat n’est plus « faut-il un outil ? » ni même « faut-il un logiciel RH open source ? » mais « qui va le concevoir, et pour servir quels intérêts ? ». Un logiciel RH open source, gouverné par ceux qui l’utilisent, répond à une défiance croissante envers les modèles verrouillés — un sujet que nous abordons aussi sous l’angle des angles morts de la fonction, comme la discrimination liée à l’âge que les RH ignorent trop souvent.
Ce que cette histoire annonce pour toutes les fonctions métier
Réduire Jenna à un logiciel serait passer à côté de l’essentiel. Ce que cette aventure démontre, c’est que l’IA peut être un égaliseur : elle permet à ceux qui subissaient leurs outils de devenir ceux qui les créent. Avec un logiciel RH open source, la compétence rare n’est plus de savoir coder — l’IA s’en charge — mais de savoir quoi construire, ce qui suppose une connaissance intime du terrain que seuls les praticiens possèdent.
Si des DRH peuvent bâtir leur propre plateforme, la question devient vertigineuse : qu’est-ce qui empêche les enseignants, les soignants, les juristes de faire de même dans leur domaine ? Nous entrons peut-être dans l’ère de la « souveraineté logicielle des métiers », où chaque profession reprend la main sur les outils qui la définissent. Pour la fonction RH, longtemps priée d’utiliser sans discuter, ce serait une revanche historique.
Conclusion : la fin de la résignation
Pendant trente ans, avant l’ère du logiciel RH open source, les professionnels RH ont accepté une règle tacite : les outils se subissent, ils ne se choisissent pas vraiment. Jenna prouve que cette règle est caduque. Un DRH, seul le soir avec l’IA pour binôme, a lancé une plateforme, un logiciel RH open source, que rejoignent aujourd’hui des développeurs, des consultants, des juristes et des pairs autour d’un logiciel RH open source. Pas une levée de fonds, pas un ticket d’entrée : une conviction à partager, celle que les meilleurs outils RH seront construits par ceux qui font le métier.
Ce logiciel RH open source n’attend qu’une chose : des contributeurs. L’aventure est ouverte. Jenna cherche des RH qui veulent tester, challenger et orienter le produit ; des développeurs qui veulent contribuer à un projet open source qui a du sens ; des consultants, des juristes, des curieux. La vraie question n’est plus de savoir si l’IA va transformer les ressources humaines. Elle est de savoir si les RH vont, cette fois, en tenir le stylo.
FAQ
Qu’est-ce que Jenna ?
Jenna est une plateforme de gestion RH open source et AI-native, créée par un DRH de terrain. Elle couvre l’ensemble des processus RH à l’exception de la paie, utilisable en navigation classique ou en mode conversationnel piloté par l’IA, et intègre notamment un coaching vocal individualisé et un service de conciergerie.
En quoi un logiciel RH open source est-il différent d’un SIRH classique ?
Un SIRH classique repose sur des licences payantes et un code fermé contrôlé par l’éditeur. Un logiciel RH open source comme Jenna appartient à sa communauté : le code est ouvert, les évolutions se décident avec les utilisateurs, et personne ne peut le confisquer ni imposer des contrats opaques.
Que signifie « AI-native » ?
AI-native signifie que l’intelligence artificielle n’a pas été ajoutée après coup comme un chatbot greffé sur un vieux logiciel. Elle est présente dès la première ligne de code et sert de point de départ à la conception même de l’outil.
Que veut dire la philosophie « HumIAn Centric » ?
« HumIAn Centric » est un mot inventé par le projet Jenna : l’IA est au cœur de la mécanique, mais toujours au service de l’humain, jamais l’inverse. L’objectif est de libérer les RH et les managers des tâches ingrates pour qu’ils se concentrent sur l’écoute, l’arbitrage et le développement des personnes.
Comment contribuer au projet Jenna ?
Jenna est ouverte aux RH qui veulent tester et orienter le produit, aux développeurs qui veulent contribuer à un projet open source, ainsi qu’aux consultants, juristes et curieux. Il n’y a pas de ticket d’entrée : la seule condition est de partager la conviction que les meilleurs outils RH sont construits par ceux qui font le métier.

Rédacteur pour DRH Digital, ma passion pour les ressources humaines et la technologie alimente chaque article que j’écris. Mon parcours en RH m’a donné une perspective unique, que je fusionne avec un intérêt fervent pour l’innovation et l’IA. Mon objectif ? Transformer des concepts complexes en récits captivants et accessibles, injectant une dose d’ironie et d’authenticité dans le monde digital des RH.
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